ÉCRIVAIN – 1997 – –

This is the End

Au crépuscule de sa vie, le réalisateur John Huston a dit à une journaliste: « J’aurais peut-être dû boire moins d’alcool et plus de vin et fumer moins de cigarettes et davantage de cigares ».

Peut-être aurais-je dû écrire moins de scénarios et davantage de romans ?

Mon premier roman, La Danse du Soleil, est né d’une frustration. Mon second long-métrage de cinéma, en préparation d’après un scénario original, a capoté quand l’acteur principal, Christophe Lambert, a décidé de quitter le projet pour un autre film soi-disant plus commercial, qui fut un échec.

Mon scénario est devenu un roman qui a obtenu le prix du Quai des Orfèvres en 1997 et fut un succès de librairie, qui se vend toujours.

L’écriture scénaristique est purement technique. Les personnages ne pensent pas, évoluent dans un espace géographique défini, en intérieur ou en extérieur, le jour ou la nuit. Ce ne sont, la plupart du temps, que des pages de dialogues au temps présent. Point. L’écriture romanesque ouvre des portes infinies sur l’introspection des personnages, leurs états d’âme, leurs rêves ou leurs cauchemars, et leurs actions imaginaires dans des décors merveilleux ou sordides, à des époques lointaines ou futuristes qui nécessiteraient des moyens financiers considérables à mettre en image.

Le renouvellement de mon ordinateur de bureau est le seul investissement que m’impose, de temps à autre, l’écriture d’un roman, sans la pression d’un producteur stressé, d’un comédien angoissé et d’un technicien syndiqué.

L’écriture romanesque est garante d’une certaine sérénité tant qu’elle me prête vie.

WRITER – 1997 –      –

Towards the end of his life, the film director John Huston told a journalist: “Perhaps I should have drunk less spirits and more wine, and smoked fewer cigarettes and more cigars.”

Perhaps I should have written fewer screenplays and more novels?

My first novel, La Danse du Soleil, was born out of frustration. My second feature film, which was in production, based on an original screenplay, fell through when the lead actor, Christophe Lambert, decided to leave the project for another supposedly more commercial film, which turned out to be a flop.

My screenplay became a novel which won the 1997 Prix du Quai des Orfèvres and was a bestseller, which is still selling today.

Screenwriting is purely technical. The characters do not think; they move within a defined geographical space, indoors or outdoors, by day or by night. For the most part, they are simply pages of dialogue written in the present tense. Full stop. Novel-writing opens up infinite possibilities for exploring the characters’ inner lives, their states of mind, their dreams or nightmares, and their imaginary actions set against marvellous or sordid backdrops, in distant or futuristic eras that would require considerable financial resources to bring to the screen.

Upgrading my desktop computer is the only investment that writing a novel requires of me from time to time, without the pressure of a stressed-out producer, an anxious actor or a unionised technician.

Writing novels brings me a certain sense of peace, as long as it keeps me alive.