LE MONDE OUVRIER

Le beau geste

J’ai toujours été fasciné par le monde ouvrier, la résilience des travailleurs, la précision de leurs gestes, leur courage dans les tâches les plus ingrates, leurs combats pour l’amélioration de leurs conditions de travail.

La cuisine industrielle de l’hôpital Le Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, pour des milliers de malades et des centaines de personnels hospitaliers ne déroge pas à ces règles efficientes et morales.

Une usine de décolletage en Haute-Savoie apporte, si besoin était, la preuve de la même concentration des ouvriers, dans le bruit des machines, l’aveuglement des soudures à l’arc, les coulures de graisse chaude. Les « petites mains » des ouvrières, surtout cantonnées dans les emplois répétitifs, forcent le respect.

Dans la banlieue nord parisienne, l’atmosphère toxique de bains à base de cubes de soufre, à peine respirable, assurément délétère pour la santé, d’une usine rudimentaire de galvanisation des métaux, m’a laissé un souvenir pénible. Les travailleurs étaient exclusivement des Africains et des Maghrébins.

Vivre le quotidien des éboueurs de la Ville de Paris a été une autre expérience, entre le ramassage harassant des ordures ménagères la nuit et le déchargement des bennes puantes à l’aube dans l’usine d’incinération d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.

Changement d’ambiance dans la maison de haute-couture parisienne Jean Patou où d’autres « petites mains » sont emportées par le stress de boucler à temps la dernière collection. Ce sujet m’avait été commandé par une réalisatrice pour un film de photos sur une ouvrière d’un milieu modeste, Cendrillon des temps modernes, vivant son quotidien professionnel dans un univers de luxe. Le film n’a jamais vu le jour.

THE WORLD OF MANUAL LABOUR

I have always been fascinated by the world of manual labour: the resilience of workers, the precision of their movements, their courage in carrying out the most thankless tasks, and their struggles to improve their working conditions.

The industrial kitchen at Le Kremlin-Bicêtre Hospital in Val-de-Marne, which caters for thousands of patients and hundreds of hospital staff, is no exception to these principles of efficiency and ethics.

A bar-turning factory in Haute-Savoie provides, if proof were needed, evidence of the same focus amongst the workers, amidst the clamour of the machines, the blinding glare of arc welding and the drips of hot grease. The ‘little hands’ of the female workers, mostly confined to repetitive tasks, command respect.

In the northern suburbs of Paris, the toxic atmosphere of sulphur-cube baths – barely breathable and undoubtedly harmful to health – in a rudimentary metal galvanising plant left me with a painful memory. The workers were exclusively Africans and North Africans.

Experiencing the daily lives of the City of Paris’s refuse collectors was another experience altogether, ranging from the gruelling night-time collection of household waste to the unloading of stinking skips at dawn at the Aubervilliers incineration plant in Seine-Saint-Denis.

There’s a change of atmosphere at the Parisian haute couture house Jean Patou, where other ‘petites mains’ are overwhelmed by the stress of finishing the latest collection on time. This project had been commissioned from me by a film director for a photo film about a worker from a humble background – a modern-day Cinderella – going about her daily working life in a world of luxury. The film never saw the light of day.

Cuisine industrielle de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre – Val-de-Marne
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Usine de décolletage en Haute-Savoie
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Éboueurs de la Ville de Paris
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usine de galvanisation à chaud par immersion dans la banlieue parisienne
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Maison de haute-couture Jean Patou – Paris
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Chantiers divers