SAUVETEURS EN MER

Des larmes au goût de la mer

C’est presque par le reportage sur les maîtres-nageurs de la police nationale qui surveillait la plage de Trouville et le téléfilm Tempêtes sur la Société nationale des Sauveteurs en Mer que j’ai commencé ma carrière de photoreporter et terminé celle de réalisateur de films.

Une semaine de vacances en Normandie risquait de me procurer un ennui profond. Les policiers de la Compagnie républicaine de Sécurité de la plage acceptèrent ma présence, un Nikon autour du cou.

Outre la « bobologie » habituelle des coupures à la plante des pieds, des grains de sable dans les yeux, et les enfants égarés, appelant désespérément leur mère, les maîtres-nageurs furent confrontés cette semaine-là à deux drames. Embarqué sur un Zodiac avec un CRS, le maître-nageur sauva in extremis deux gamines qui se noyaient à l’embouchure de la rivière La Touque.

Un homme âgé sans connaissance n’eut pas cette chance. Sans doute victime d’une hydrocution ou d’un arrêt cardiaque, il fut emmené d’urgence, sous assistance respiratoire et massages cardiaques d’un médecin, vers une ambulance.

Des années plus tard, avec deux amis réalisateurs bretons, Marc Rivière et Dominique Baron, nous avons produit et réalisé pour la télévision un film spectaculaire sur les Sauveteurs en Mer avec les moyens considérables de la Marine nationale, de la Sécurité civile, de l’Abeille Bourbon, le plus gros remorqueur au monde, d’un bateau de pêche-usine de cent mètres de long, et de la SNSM.

Le téléfilm Tempêtes, vendu au Japon, avait fait l’objet d’une jaquette de DVD pour le moins accrocheuse.

Adieu la photo de reportage. Adieu le cinéma et l’audiovisuel. Vive l’écriture car au commencement était le mot.

SEA RESCUERS

It was almost through a feature on the National Police lifeguards patrolling Trouville beach and the TV film Tempêtes over the National Society of Sea Rescuers (SNSM) that I began my career as a photojournalist and brought my career as a film director to a close.

A week’s holiday in Normandy threatened to leave me thoroughly bored. The police officers from the Compagnie républicaine de Sécurité on the beach tolerated my presence, with a Nikon slung round my neck.

Apart from the usual ‘minor ailments’ – cuts on the soles of the feet, grains of sand in the eyes, and lost children desperately calling for their mothers – the lifeguards were faced with two tragedies that week. Having set out in a Zodiac with a CRS officer, the lifeguard rescued two young girls at the very last moment as they were drowning at the mouth of the River La Touque.

An elderly man who had lost consciousness was not so lucky. Presumably the victim of hypothermia or a cardiac arrest, he was rushed to an ambulance whilst a doctor administered respiratory support and performed chest compressions.

Years later, together with two Breton director friends, Marc Rivière and Dominique Baron, we produced and directed a spectacular television film about the Sea Rescue Service, drawing on the considerable resources of the French Navy, the Civil Protection Service, the Abeille Bourbon – the world’s largest tugboat – a 100-metre-long factory fishing vessel, and the SNSM.

The TV film Tempêtes, which was sold to Japan, featured a DVD cover that was eye-catching to say the least.

Farewell to photojournalism. Farewell to cinema and the audiovisual world. Long live writing, for in the beginning was the Word.

oOo
Tournage du téléfilm Tempêtes avec les moyens de la Marine nationale
Jaquette du DVD japonais